Nazir Al-Mohammad - Restaurateur d’ici

Dans cette série, notre collaboratrice Carolyne Brown part à la rencontre des Talents d’ici, nos commerçants phares qui prennent place au cœur d’Alexis Nihon. Partage, sincérité et proximité sont des mots qui résument ces entrevues. On vous invite à entrer dans leurs univers et découvrir l’humain qui se cache derrière chacun d’entre eux.


Rencontre avec Nazir Al-Mohammad, Propriétaire du Roasters BBQ Grill Bar

Comment êtes-vous devenu entrepreneur ?

Je suis devenu entrepreneur en travaillant fort. Lorsque je suis arrivé au Canada, j’ai commencé à travailler gratuitement pour un restaurateur spécialisé en smoked meat afin d’apprendre le métier. J’ai acquis beaucoup de compétences en travaillant gratuitement en restauration. Ensuite, il m’a engagé pour couper le smoked meat. Ma façon de couper la viande me démarquait des autres et un compétiteur m’a approché pour m’offrir un emploi mieux payé. J’en ai parlé à mon patron. Malheureusement, il ne pouvait pas m’offrir le même salaire. J’ai commencé à travailler pour ce restaurateur qui ne me donnait pas assez d’heures et j’ai donc quitté mon emploi. Ensuite, j’ai reçu une offre de mon ancien patron. Il m’offrait 5 % du restaurant. J’ai finalement acheté l’entreprise à 100 %.

Quest-ce qui vous distingue, quelle est votre marque de commerce?

Je veux que le client soit satisfait, alors j’adapte mon menu selon ses besoins. Je suis le seul Roasters qui fait les déjeuners. J’ai des clients qui viennent de partout (de la France, de la Suisse, etc.) pour essayer le menu montréalais. Chez Roasters, notre menu compte une seule page parce que tout est fait maison et c’est frais.


Quel est le plus gros défi que vous ayez rencontré dans votre carrière dentrepreneur?

La pandémie de COVID-19. Les restaurateurs ont été grandement touchés. Le fait que je sois encore ouvert après tout ce qui s’est passé est incroyable. Durant la première fermeture, je n’avais pas les moyens de payer mes employés alors ils ont décidé de travailler gratuitement pendant une semaine. Ils m’ont dit : « Ça fait 12 ans qu’on mange sur ton bras. Aujourd’hui, c’est à nous de redonner. »


Quel est le plus grand apprentissage que lentrepreneuriat vous ait apporté ?

De se faire confiance.


Racontez-nous une anecdote de votre parcours dentrepreneur.

En 2016, lorsqu’il y a eu la fusillade au Collège Dawson, j’ai décidé d’ouvrir mon restaurant gratuitement pour les étudiants du collège pendant une semaine. Toute l’école est venue, même des journalistes télé. Nous avons également amassé des fonds, 1 $ par assiette, pour un total de 12 000 $.

Quest-ce qui vous garde encore passionné?

Quand je vois les gens sourire et rire après tout ce qu’on a passé à travers depuis 2020, c’est ce qui me garde passionné.


Quel conseil donneriez-vous à un futur entrepreneur?

Être patient. Vous ne ferez pas d’argent aujourd’hui ni après-demain. Si vous voulez monter trop vite, vous allez tomber.

Que voulez-vous que les gens connaissent (retiennent) de votre entreprise?

Les assiettes sont grosses et la nourriture est fraîche. Je paye plus cher pour des aliments de qualité. Les clients me disent qu’ils n’ont jamais mangé des burgers aussi bons qu’ici.

Quels sont vos produits les plus populaires?

Les déjeuners sont encore populaires et les soirs après le travail, ça commence à rouler un peu. Je fais beaucoup de promotions pour attirer les clients, comme les 5 à 9.


Quel est votre secret le mieux gardé ?

Pour moi, il n’y a pas de secret. Il faut toujours sourire avec les clients et avoir une belle présence.

Quest-ce quon peut vous souhaiter pour lavenir?

Les choses changent rapidement en restauration et il faut être capable de s’adapter. Je suis arrivé à Montréal avec 80 $ dans mes poches, je veux être un exemple pour mes enfants parce que c’est pour eux que je fais tout ça.